Dégâts des eaux

Dégât des eaux en copropriété : responsabilités et démarches

En copropriété, un dégât des eaux peut impliquer plusieurs parties. Découvrez comment déterminer les responsabilités et les démarches pour une indemnisation rapide.

29 décembre 202412 min de lecture
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Dégât des eaux en copropriété : responsabilités et démarches

Un dégât des eaux en copropriété peut rapidement se transformer en casse-tête administratif. Entre le syndic, les différents copropriétaires, les locataires et les multiples assurances impliquées, il est parfois difficile de savoir qui doit faire quoi et qui va payer. À Paris et en Île-de-France, où la vie en copropriété est la norme, comprendre ces mécanismes est essentiel pour protéger vos droits et obtenir une indemnisation équitable.

Identifier l'origine du dégât : la première étape cruciale

Avant toute démarche, il est indispensable d'identifier précisément l'origine de la fuite ou du dégât des eaux. Cette identification déterminera les responsabilités et les assurances concernées. En copropriété, les fuites peuvent provenir de trois sources principales : les parties privatives, les parties communes, ou un lot voisin.

Les parties privatives

Sont considérés comme parties privatives tous les équipements et canalisations situés à l'intérieur de votre lot et servant exclusivement à votre usage : robinetterie, joints d'étanchéité, flexibles de raccordement, appareils électroménagers, canalisations horizontales jusqu'au branchement sur la colonne principale. Si la fuite provient de ces éléments, vous en êtes responsable, que vous soyez propriétaire ou locataire (pour les éléments relevant de l'entretien courant).

Les parties communes

Les parties communes comprennent les éléments servant à l'ensemble ou à plusieurs copropriétaires : colonnes montantes et descendantes, canalisations principales, toiture, façades, terrasses collectives, gouttières. Les dégâts provenant de ces éléments relèvent de la responsabilité de la copropriété et de son assurance.

Le lot d'un voisin

Lorsque la fuite provient de l'appartement d'un voisin (au-dessus ou à côté), la responsabilité incombe à ce voisin ou à son locataire selon l'origine précise de la fuite. C'est le cas de figure le plus fréquent en copropriété parisienne, notamment dans les immeubles anciens avec des salles d'eau superposées.

La convention IRSI : simplifier les indemnisations

Depuis 2018, la convention IRSI (Indemnisation et Recours des Sinistres Immeubles) a profondément modifié la gestion des dégâts des eaux en copropriété. Cette convention, signée par la quasi-totalité des assureurs français, vise à accélérer l'indemnisation des victimes en simplifiant les procédures.

Le principe fondamental de l'IRSI

Le principe de base est simple : chaque assurance indemnise directement son assuré pour les dommages subis, sans attendre la détermination définitive des responsabilités. Les assureurs règlent ensuite entre eux les questions de responsabilité et de recours, sans impact pour les victimes. Ainsi, vous n'avez plus à attendre que votre voisin reconnaisse sa responsabilité pour être indemnisé.

Les seuils de l'IRSI

La convention prévoit différents seuils qui déterminent les procédures applicables :

  • Sinistres inférieurs à 1 600 € HT : gestion simplifiée, l'assureur de l'occupant prend en charge les dommages aux embellissements et au contenu.
  • Sinistres entre 1 600 € et 5 000 € HT : l'assureur gestionnaire (généralement celui de l'occupant du local sinistré) pilote le dossier et organise les réparations.
  • Sinistres supérieurs à 5 000 € HT : retour aux règles classiques avec détermination préalable des responsabilités et expertise contradictoire si nécessaire.

La recherche de fuite dans l'IRSI

La convention prévoit spécifiquement la prise en charge des frais de recherche de fuite. Ces frais sont supportés par l'assureur gestionnaire du sinistre pour les sinistres inférieurs à 5 000 € HT. Au-delà, ils sont répartis selon les responsabilités établies.

Le rôle du syndic de copropriété

Le syndic joue un rôle central dans la gestion des dégâts des eaux en copropriété. Même si le sinistre ne concerne pas les parties communes, il doit être informé rapidement pour plusieurs raisons.

Les obligations du syndic

Le syndic doit être alerté de tout sinistre susceptible d'affecter l'immeuble ou d'engager la responsabilité de la copropriété. Il dispose des plans de l'immeuble et connaît l'emplacement des canalisations communes, informations précieuses pour identifier l'origine d'une fuite. Il peut également faciliter la mise en relation entre les différentes parties concernées.

Si le dégât provient des parties communes, le syndic doit immédiatement déclarer le sinistre à l'assurance de la copropriété et organiser les réparations. En cas d'urgence, il a le pouvoir d'engager les dépenses nécessaires pour stopper la fuite et limiter les dégâts, même sans accord préalable de l'assemblée générale.

L'assurance de la copropriété

Tout immeuble en copropriété doit être couvert par une assurance responsabilité civile. La plupart des copropriétés souscrivent également une multirisque immeuble qui couvre les dommages aux parties communes et la responsabilité de la copropriété envers les tiers (y compris les copropriétaires victimes d'un sinistre provenant des parties communes).

Les démarches à effectuer en cas de dégât des eaux

Face à un dégât des eaux en copropriété, une réaction rapide et méthodique est essentielle. Voici les étapes à suivre pour protéger vos droits et accélérer l'indemnisation.

1. Sécuriser les lieux et limiter les dégâts

Comme pour tout dégât des eaux, commencez par couper l'électricité si nécessaire et stoppez la fuite si possible. Évacuez l'eau stagnante, protégez les biens qui peuvent l'être et documentez les dégâts par photos et vidéos avant tout nettoyage.

2. Identifier les parties concernées

Déterminez si le dégât provient de votre lot, d'un lot voisin ou des parties communes. Si vous n'arrivez pas à identifier l'origine, signalez-le : une recherche de fuite professionnelle sera nécessaire.

3. Remplir le constat amiable

Le constat amiable de dégât des eaux est un document essentiel qui décrit les circonstances du sinistre et identifie les parties impliquées. Il doit être rempli et signé par toutes les parties concernées (vous, votre voisin, le syndic si les parties communes sont en cause). Chaque partie conserve un exemplaire et l'envoie à son assurance.

4. Déclarer le sinistre

Vous disposez de 5 jours ouvrés pour déclarer le sinistre à votre assurance. Envoyez le constat amiable, les photos des dégâts et un inventaire des biens endommagés. Informez également le syndic par écrit (lettre recommandée ou email avec accusé de réception).

5. Faire intervenir un professionnel

Pour les dégâts importants, l'intervention d'un professionnel est indispensable. Chez SOJI Hygiène, nous intervenons sur Paris et toute l'Île-de-France pour l'extraction d'eau, l'assèchement professionnel et la remise en état. Notre intervention est coordonnée avec votre assurance pour une prise en charge optimale.

Les cas particuliers en copropriété

Le locataire face au dégât des eaux

En tant que locataire, vous êtes responsable des dommages causés par un défaut d'entretien des éléments locatifs (joints, flexibles) ou par votre négligence (robinet laissé ouvert, machine à laver non surveillée). Votre assurance habitation locataire couvre ces risques. En revanche, les dégâts liés à la vétusté des installations ou à des vices de construction sont à la charge du propriétaire.

Le propriétaire non-occupant

Si vous êtes propriétaire d'un bien loué, votre assurance propriétaire non-occupant (PNO) prend le relais de l'assurance du locataire pour les dommages relevant de votre responsabilité. La convention IRSI prévoit des règles spécifiques pour coordonner ces différentes assurances.

Les dégâts sur plusieurs lots

Lorsqu'un dégât des eaux affecte plusieurs appartements (effet cascade), chaque victime déclare le sinistre à sa propre assurance qui l'indemnise directement. Les assureurs se coordonnent ensuite pour déterminer les responsabilités et exercer les recours appropriés.

Prévenir les dégâts des eaux en copropriété

La prévention reste le meilleur moyen d'éviter les litiges et les tracas liés aux dégâts des eaux. Plusieurs mesures peuvent être mises en œuvre à l'échelle individuelle et collective.

À votre niveau

Entretenez régulièrement votre plomberie : vérifiez les joints, remplacez les flexibles vieillissants (durée de vie recommandée : 5-8 ans), surveillez les signes d'humidité. Fermez les robinets d'arrêt lors de vos absences prolongées. Installez un détecteur de fuite connecté si possible.

Au niveau de la copropriété

Faites inscrire à l'ordre du jour de l'assemblée générale un diagnostic des canalisations communes, particulièrement dans les immeubles anciens. Un programme de remplacement préventif des colonnes vétustes peut éviter des sinistres majeurs et des travaux d'urgence coûteux.

FAQ : Dégât des eaux en copropriété

Qui paie si la fuite vient des parties communes ?

Si la fuite provient des parties communes (colonne d'eau, toiture, etc.), l'assurance de la copropriété prend en charge les dommages. Pour les dommages à l'intérieur de votre lot (peintures, meubles), votre assurance vous indemnise et se retourne ensuite contre l'assurance de la copropriété.

Mon voisin refuse de signer le constat amiable, que faire ?

Remplissez votre partie du constat et envoyez-le à votre assurance en mentionnant le refus du voisin. Votre assurance prendra contact avec l'assurance du voisin. En cas de litige persistant, un huissier peut être mandaté pour constater les dégâts et établir les responsabilités.

Le syndic ne réagit pas, que puis-je faire ?

Mettez le syndic en demeure par lettre recommandée d'intervenir dans un délai précis. Si l'urgence le justifie, vous pouvez faire réaliser les travaux d'urgence vous-même et demander le remboursement à la copropriété. En cas de carence grave et répétée, les copropriétaires peuvent voter la révocation du syndic.

Combien de temps pour être indemnisé ?

Avec la convention IRSI, les délais se sont considérablement raccourcis. Pour les sinistres simples, l'indemnisation peut intervenir en quelques semaines. Pour les sinistres plus complexes nécessitant une expertise, comptez 2 à 3 mois. Les travaux de remise en état peuvent être engagés dès l'accord de l'assurance sur le devis.

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