Après un incendie, les surfaces sont recouvertes d'un dépôt noirâtre : les suies. Au-delà de leur aspect inesthétique, ces résidus de combustion constituent un véritable danger pour la santé. Comprendre leur composition et leurs effets permet de prendre les précautions nécessaires et de justifier l'intervention de professionnels pour leur élimination.
Composition des suies : un cocktail toxique
Les suies se composent principalement de particules de carbone issues de la combustion incomplète. Mais elles véhiculent également de nombreux composés toxiques dont la nature dépend des matériaux brûlés :
- Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) : reconnus cancérigènes, présents dans toute combustion de matières organiques
- Métaux lourds : plomb, cadmium, chrome issus des peintures, plastiques et métaux brûlés
- Dioxines et furanes : extrêmement toxiques, libérés par la combustion de plastiques chlorés (PVC)
- Composés acides : acides chlorhydrique et sulfurique issus de la combustion de certains plastiques
- Cyanures : libérés par la combustion de mousses polyuréthane, textiles synthétiques
Les voies d'exposition
Le danger des suies tient à leur capacité à pénétrer dans l'organisme par plusieurs voies. L'inhalation est la plus directe : les particules ultrafines (PM2.5 et moins) atteignent les alvéoles pulmonaires et passent dans le sang. Le contact cutané permet à certains composés d'être absorbés par la peau. L'ingestion, souvent involontaire, survient lorsqu'on touche des surfaces contaminées puis porte les mains à la bouche.
Les effets sur la santé
L'exposition aux suies peut provoquer des effets immédiats : irritation des yeux, du nez et de la gorge, toux, essoufflement, maux de tête, nausées. Ces symptômes, souvent minimisés, témoignent d'une intoxication en cours.
À moyen terme, une exposition prolongée peut entraîner des troubles respiratoires chroniques, de l'asthme, des bronchites répétées. Les HAP et autres composés cancérigènes présents dans les suies peuvent, sur le long terme, augmenter le risque de cancers, notamment pulmonaires.
Pourquoi le nettoyage amateur est risqué
Nettoyer les suies soi-même expose à tous les risques mentionnés. Sans masque adapté (FFP3 minimum), vous inhalez les particules que vous soulevez. Le contact avec la peau transfère les toxiques. De plus, un nettoyage maladroit disperse les suies dans l'air et les incruste dans les matériaux, aggravant la contamination au lieu de la réduire.
L'intervention professionnelle : une nécessité
Chez SOJI Hygiène, nos techniciens sont équipés de protections individuelles complètes : combinaisons intégrales, masques à cartouche ou appareils respiratoires isolants, gants multicouches. Nous utilisons des techniques de nettoyage qui captent les suies sans les disperser (aspiration HEPA, nettoyage à sec avant tout mouillage). Les déchets sont évacués vers des filières de traitement appropriées.
Précautions en attendant l'intervention
En attendant l'intervention professionnelle, évitez de pénétrer dans les zones contaminées. Si vous devez le faire brièvement (récupération de documents essentiels), portez au minimum un masque FFP2 et des gants. Ne touchez rien inutilement, ne tentez pas de nettoyer, n'allumez pas la climatisation ou la VMC qui disperserait les particules.
FAQ : Dangers des suies
Mon enfant a touché des suies, que faire ?
Lavez-lui soigneusement les mains et les zones de contact à l'eau et au savon. Surveillez l'apparition de symptômes (irritation, toux) dans les heures suivantes. En cas de symptômes persistants, consultez un médecin.
Les suies contaminent-elles les aliments ?
Oui. Tous les aliments exposés aux suies, même emballés (si l'emballage n'est pas hermétique), doivent être jetés. Les suies pénètrent dans les emballages poreux et peuvent contaminer le contenu.
Combien de temps les suies restent-elles dangereuses ?
Indéfiniment si elles ne sont pas éliminées. Les composés toxiques ne se dégradent pas spontanément. Seule une élimination physique (nettoyage professionnel) supprime le danger.
